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training on the job : mettre en place l’apprentissage en situation de travail dans votre organisation

training on the job : mettre en place l’apprentissage en situation de travail dans votre organisation

training on the job : mettre en place l’apprentissage en situation de travail dans votre organisation

Former plus, plus vite, sans bloquer les équipes en salle pendant des jours. C’est le dilemme quotidien des DRH, responsables formation et managers opérationnels. Dans ce contexte, l’apprentissage en situation de travail – ou training on the job / AFEST – est souvent présenté comme la solution miracle.

Est-ce vraiment le cas ? Oui… si on le met en place sérieusement. Non… si on se contente de rebaptiser « compagnonnage » ou « tutorat informel » en AFEST.

Dans cet article, je vous propose une approche très opérationnelle pour structurer le training on the job dans votre organisation : ce que c’est, ce que ça n’est pas, ce que ça rapporte, et comment le déployer étape par étape sans désorganiser le terrain.

Pourquoi l’apprentissage en situation de travail revient sur le devant de la scène

La formation sur le poste n’a rien de nouveau. Ce qui change, c’est :

Quelques constats terrain :

L’apprentissage en situation de travail vise précisément à transformer ces moments informels en dispositifs structurés, traçables, pilotables. Et donc à les faire reconnaître comme de la formation à part entière, avec des objectifs, une méthode et des résultats.

Training on the job, AFEST… de quoi parle-t-on exactement ?

En France, on parle beaucoup d’AFEST (Action de Formation En Situation de Travail). Mais au-delà du cadre légal, retenons surtout les principes qui font la différence entre :

Un training on the job structuré comporte au minimum :

Sans ces éléments, vous restez dans la transmission informelle. Utile, mais difficilement pilotable, non finançable et très dépendante des personnes.

Les bénéfices concrets pour l’entreprise (et pas seulement pour la DRH)

Mettre en place l’apprentissage en situation de travail n’est pas un projet « RH pour la RH ». Les impacts business sont réels lorsqu’il est bien conçu.

Côté performance opérationnelle :

Côté coûts :

Côté engagement et marque employeur :

Pour une PME ou une ETI, l’enjeu est aussi politique : passer d’une culture où « on apprend sur le tas » à une culture où « on apprend sur le tas, mais avec une méthode ».

Les erreurs fréquentes quand on veut faire du training on the job

Sur le terrain, je retrouve souvent les mêmes pièges :

Avant de vous lancer, l’enjeu est donc de choisir vos combats et de rester très pragmatique : où l’apprentissage en situation de travail apportera-t-il le plus de valeur, rapidement, avec un effort maîtrisé ?

Identifier les bons terrains de jeu dans votre organisation

Tout ne se prête pas de la même façon au training on the job. Pour démarrer, ciblez les activités qui répondent à ces critères :

Exemples typiques :

Une bonne pratique : démarrer par 1 ou 2 métiers seulement, avec des managers volontaires et une direction qui accepte de jouer le jeu.

Structurer une séquence d’apprentissage sur le poste

Un dispositif d’apprentissage en situation de travail se conçoit comme une petite « architecture pédagogique » intégrée au quotidien. Une séquence type peut suivre ce schéma :

1. Clarifier la compétence visée

2. Choisir les situations de travail support

3. Organiser la première mise en situation

4. Faire pratiquer et analyser

5. Valider la maîtrise progressive

La clé, c’est le temps « méta » : cette fameuse analyse réflexive qui transforme une activité de production en activité d’apprentissage. Sans elle, on reste dans le « fais comme moi » ou dans l’apprentissage par essais/erreurs, long et risqué.

Outiller sans alourdir : le juste niveau de formalisation

Pour être reconnu comme formation, un dispositif d’apprentissage en situation de travail doit être un minimum formalisé. Mais sur le terrain, la tentation est grande d’ajouter des tableaux, des fiches, des signatures… au point de décourager tout le monde.

Objectif : viser le « juste suffisant » pour :

Concrètement, vous pouvez vous limiter à :

Si vous devez faire valider vos actions comme AFEST, ajoutez :

L’important est que les outils servent d’abord les opérationnels, pas uniquement les contrôles externes.

Former et accompagner les tuteurs : un investissement critique

Le training on the job repose sur une population clé : les tuteurs, référents, managers qui vont transmettre sur le terrain. Sans eux, le dispositif reste théorique.

Ils ont généralement l’expertise métier, mais pas forcément :

Prévoyez donc un vrai mini-parcours pour eux, par exemple :

Et surtout, ajustez leur charge de travail et leurs objectifs. Un tuteur qui doit former un nouveau collaborateur comme « mission annexe » tout en conservant 100 % de ses objectifs de production aura tendance à expédier la formation.

Piloter et mesurer l’impact : quels indicateurs suivre ?

Pour que le training on the job soit reconnu comme un vrai levier de performance, il doit être piloté comme tel. Quelques indicateurs simples mais utiles :

L’idée n’est pas de construire une usine à gaz, mais de disposer d’assez de données pour :

Par où commencer concrètement dans votre organisation ?

Si vous partez de zéro ou presque, un plan d’attaque réaliste pourrait ressembler à ceci :

En procédant ainsi, vous évitez le double écueil :

En synthèse : un levier de transformation du management de la compétence

L’apprentissage en situation de travail n’est pas une « nouvelle mode » pédagogique. C’est surtout un révélateur de la maturité de votre organisation sur la gestion des compétences.

Si vous le traitez comme un simple dispositif de plus à cocher dans le plan de formation, vous en tirerez peu de bénéfices. Si vous l’utilisez pour :

alors le training on the job deviendra rapidement un standard de fonctionnement, et non un projet ponctuel.

La question, au fond, n’est pas : « Faut-il faire de l’apprentissage en situation de travail ? ». Vous en faites déjà, tous les jours, de manière informelle. La vraie question est : « À partir de quand décidons-nous de le structurer pour qu’il serve pleinement la performance de l’entreprise et la progression de nos équipes ? ».

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